Projet du Grand Parc Canal

- Mayya Durand - Je particpe !

J’ai participé à trois réunions avec des habitants organisées par la mairie de Toulouse afin de réfléchir à l’aménagement prochain du Grand Parc Canal, visant à améliorer les conditions de vie et de loisirs dans les quartiers riverains des trois canaux : Canal du Midi, Canal de Brienne et Canal de Latéral. 

La nature en ville

Dans notre groupe, il y avait consensus sur le fait que le Canal doit rester le plus naturel possible et être mis en valeur au titre du patrimoine français. La qualité des arbres et leur diversité doit être entretenue et augmentée, et les chemins doivent être praticables pour les promenades sportives, en famille comme en vélo. L’ambiance ancienne avec les vieux murs et une nature semblant sauvage doit être préservée. 

Un quartier unifié

Si les canaux se présentent comme des voies traversant la ville au même titre que les routes, nous avons observé qu’ils avaient tendance à diviser nos quartiers. En tant qu’architecte, j’ai proposé de créer davantage de passerelles piétonnes à des endroits stratégiques. Il y a en effet plusieurs rues actuellement arrêtées par le canal qui pourraient ainsi être prolongées. Je pense par exemple à la rue Cécile Brunschvicg et plus encore de la rue de Sébastopol, qui est un grand axe, juste à l’ouest du jardin japonais. Cela garantirait une meilleure unité à ce quartier qui est actuellement très divisé. 

Un quartier sécurisé

De plus, aménager des passerelles à proximité des grands carrefours tels que ceux du Pont Jumeaux et du Pont Béarnais apporterait une sécurité aux piétons qui n’est aujourd’hui pas garantie, eu égard aux nombreuses voies qui se croisent à ces endroit et à la vitesse des véhicules qui y circulent, mais aussi au manque de visibilité à cause des virages.

Un quartier plus vivant 

La mise en place de passerelles permettrait l’installation de guinguettes autour : plusieurs tentatives on en effet vu le jour, mais ont été découragées par le fait que ces endroits n’étaient accessibles que d’un côté du Canal et que donc, malgré leur visibilité, elles ne bénéficiaient pas d’un nombre suffisant de clients pour perdurer. 

Démocratie participative

Dans la lignée de la volonté de démocratie participative dont témoignaient ces ateliers, nous avons proposé que les propositions retenues fassent aussi l’objet d’une participation des habitants du quartier afin de correspondre au mieux à leurs besoins. Par exemple, pour l’installation des passerelles, il y aurait une étape transitoire au cours de laquelle des passerelles amovibles seraient installées pour pouvoir bouger en plusieurs endroits afin d’élire par l’expérience celui qui serait le plus approprié et qui conviendrait le mieux aux habitants. 

J’ai ensuite émis l’idée que des habitants du quartier puissent ensuite être associés au projet sous forme d’ateliers plus créatifs, pour comprendre la construction des ponts et l’aménagement paysager. Ce serait une façon de les engager à participer à l’embellissement de leur lieu de vie. 

Une expérience enrichissante

Il a été passionnant pour moi de voir comment fonctionne la démocratie participative : tous les participants montrent un intérêt impressionnant, très soutenu. Un vrai engagement pour créer quelque chose de positif sans un quelconque intérêt commercial. Cette discussion entre personnes adultes avec des expériences différentes, qui connaissent bien leur ville et qui participent avec l’envie d’améliorer leur espace de vie a permis de trouver des solutions authentiques et pertinentes.  

J’ai aussi apprécié la façon dont la réunion était animée. Avec mon expérience de cheffe de projet, je sais bien que même les projets les plus géniaux peuvent être mis à mal par l’ambiance entre les participants et des motivations cachées : il faut que tout le monde soit là avec la même vraie motivation d’améliorer les choses. De ce point de vue, ces ateliers ont été menés avec grande écoute et intelligence et chacun a pu s’exprimer pour décider des choses ensemble. 

Bien sûr, certaines de nos propositions ont été prises en compte, d’autres ont été rejetées, et nous avons bien senti que les équipes de la mairie avaient aussi leur propre opinion sur certains aspects, mais j’ai été heureuse d’être conviée à ce moment de réflexion et d’action sur mon propre quartier. Et j’espère que ce type d’initiative va se multiplier, y compris dans d’autres secteurs. 

 

Cette mission de valorisation et d’aménagement des canaux a été confiée à un groupement d’aménagement piloté par l’Atelier Jacqueline Osty & Associés et comprenant plusieurs agences : Agence Antoine Musard – ARTELIA – GAMA – ARC&SITES Architectes Patrimoine Création – Concepto – ADRET – OMEGA – Intencité – COMM1POSSIBLE et FMVT Conseils. Elle démarre par une première phase de diagnostic de terrain, incluant une démarche de concertation et de participation citoyenne pilotée par les agences COMM1POSSIBLE et FMVT Conseils.

Plus d’informations ici : 

https://jeparticipe.metropole.toulouse.fr/processes/grand-parc-canal